Le Schleswig-Holstein a secoué le monde de l’informatique administrative. Ce Land allemand vient de boucler une migration gigantesque, délaissant Microsoft pour des solutions open source. Une démarche audacieuse qui donne matière à réfléchir sur la souveraineté numérique.
Depuis 2024, l’administration de cette région a entamé un virage majeur. Ce n’est pas une affaire de mode ou de caprice : c’est un coup de frein à la dépendance aux géants américains. Objectif ? Reprendre la maîtrise totale de ses données et réduire la facture colossale des licences.
Le Schleswig-Holstein : un tournant stratégique vers l’open source
Quitter Microsoft à cette échelle, ce n’est pas une mince affaire. Mais au Schleswig-Holstein, c’est désormais une réalité.Plus de 30 000 agents publics ont abandonné Windows et Microsoft Office dans le cadre d’une transition progressive mais bien tenue.
Le cœur du système, la messagerie, illustre parfaitement ce challenge. Quarante-quatre mille boîtes mail et environ 100 millions d’e-mails ont été transférés d’Outlook vers Open-Xchange. Un vrai tour de force pour un service qui ne peut pas se permettre de dysfonctionner.
De Microsoft Office à LibreOffice : une transition maîtrisée
Environ 80 % des postes de travail ont basculé vers LibreOffice. Pas question ici de faire de la figuration. Le changement s’impose avec sérieux, et la fin de la dépendance à Windows est programmée pour très bientôt.
Alors que beaucoup auraient cédé à la panique face à ce chantier colossal, le gouvernement local avance avec méthode. Ils ne misent pas sur un effet de communication mais sur une réelle efficacité. Ce n’est pas juste un caprice technologique, c’est un choix mûrement réfléchi.
Une question de contrôle et d’indépendance numérique
Au cœur de cette initiative, il y a la souveraineté numérique. Face aux tensions géopolitiques et aux scandales récurrents dans la gestion des données, le gouvernement du Schleswig-Holstein ne veut plus dépendre d’acteurs extérieurs soumis à des juridictions étrangères.
Reprendre la main, assurer la confidentialité des données publiques et protéger les informations des citoyens devient crucial. Une démarche qui dépasse largement la simple volonté économique. C’est la survie numérique qui se joue ici.
Les gains financiers sont loin d’être négligeables
Ne tournons pas autour du pot. La transition a coûté dans les 9 millions d’euros. Ça pique un peu. Mais les économies annuelles sur les licences dépassent les 15 millions d’euros. Oui, vous avez bien lu.
C’est un retour sur investissement qui a de quoi faire réfléchir les autres administrations. Dans un contexte où chaque euro public compte, investir pour enfin sortir du carcan des licences propriétaire peut s’avérer judicieux. Tout cela sans négliger la robustesse technique.
Source: lepetitjournal.com

Commentaires
Laisser un commentaire